J'ai peur de regarder derrière moi. Funambule sur le fil de la vie. J'ai posé les armes, j'ai rendu mes larmes. Un pas et tout s'écroule. On n'est pas sérieux quand on a douze ans. La route serpente à mes pieds et j'ai les lacets défaits. Si je me retourne je risque de tomber. Regarde droit devant les demains qui se déroulent. Le soleil brille, mais pour combien de temps encore. Ne pas trop réfléchir, se laisser porter. Suspendue à un fil, je tisse ma toile et m'emmêle les pinceaux. Et si ce que je cherchais était derrière moi ? Non, ne te retourne pas. J'ai peur de revenir en arrière. Et de vouloir y rester. Pour toujours. Je sais ce que tu es là, juste derrière moi. Et moi tout ce que je veux c'est tout ce que je n'ai pas. Mais regarde-moi. Je trépigne. Maintenant que je ne suis plus au bord du précipice, maintenant que je dessine des arc-en-ciel. Je fais des caprices. Pauvre petite princesse. Mais tais-toi. Ne lui parle pas. Le meilleur moyen d'oublier c'est d'éviter. Vite, éviter d'y penser. Se pencher sur l'évier, vers demain. Mais ne pas tomber. Dans le dégoût. Non, ne te retourne pas. Passe. Ton tour. Tu as tort. S'il te plaît suis-moi. Ou fuis-moi que je te suive. Je ne veux plus reculer. Laissez moi avancer. Assez de passé à trimballer. Je veux que mon présent soit mon futur. Infiniment. J'espère que tu penses encore à moi. De temps en temps. Toi je t'ai dans la peau, j'avoue. C'est psychologique. C'est ainsi. Oui c'est dans la tête. Mon petit amour en miettes. Une idée qui m'embête depuis tout ce temps. Je brasse de l'air. Je fais des rêves avec du rien. Obstinée. Et pas à moitié. Je t'ai eu, je t'aurai. Etre et avoir. Dans mes rêves. Ils sont plus beaux que la réalité. Oui la réalité je la connais, à moitié. Comme toi, quoi. Je sais qui tu es. Toi. A demi. A demi mot. Des mots pour des maux. Des maux qui ne sont plus d'actualité. Je veux te garder. Le garder vivant celui que je voudrais que tu sois. Même si tu ne l'es pas. Et lui, lui je ne l'oublie pas. Oh non. C'est grâce à lui, au contraire de toi, que je suis si heureuse aujourd'hui. Ce lui, oh ce lui. Par pitié ne t'échappe pas. Euphorique, mon petit c½ur se shoote au bonheur, dans ma bulle antisismique, barbelés de fils électriques. Je croque, dans la pomme, la vie, je me moque des mots. D'amour en toc. Le c½ur plein d'ivresse. L'amour me remonte dans la bouche. Il est insaisissable. C'est un vide intérieur qui se comble. Je crois que j'ai trop mangé de chocolat. Je vis au présent, pour l'avenir.